Pourquoi, malgré l'apparition des voitures et autres, l'homme continue-t-il de monter à cheval?
Pourquoi consacrer une vie entière aux chevaux?
Qu'est-ce qui fait pleurer les cavaliers?
Pourquoi un homme peut-il autant s'attacher à un animal?
Quelle est ce lien secret qui les unis?
Quelle est l'essence de cette passion, de cette flamme capable de briller des décénnies, des vies entières?
...
Les chevaux sont capable de faire suer les plus fainéants, de trainer dans le crottin les plus snobs, d'éveiller dès l'aube les lève-tard, et de faire naitre en l'homme une passion si vive qu'on l'appelle souvent "virus". Un virus la plupart du temps incurable, qui même s'il sommeille profondément, ne tarde jamais à ressurgir.
La simple union de ces six lettres "c" "h" "e" "v" "a" "l" sur une feuille de papier, le son de ces deux syllabes dans la bouche de quelqu'un, la vision d'un cheval dans un pré ou à la télévision suffit à combler le passioné.
C'est pas donné à tout le monde de comprendre. Je pense que l'homme cherche dans le cheval tout ce qu'il est, et à la fois ce qu'il n'est pas. Le cheval le rassure et le fait également sombrer dans des doutes effrayants.
Il admire cet animal, qu'il aimerait quelque part égaler. S'il n'y arrivera jamais, il cherchera toute sa vie d'au moins en être digne...
Peut-être que l'homme trouve enfin auprès du cheval l'occasion d'être vrai, car lui se fiche pas mal de votre coiffure, de votre salaire ou votre voiture, ce qui compte pour le cheval c'est la sincérité. Un tant soi peu que nous soyons entiers et respectueux avec lui, ce qu'il nous offre en retour est inestimable...
L'équitation est faite de bonheur:
que ce soit celui de se confondre avec la nature
celui de sentir le vent vous caresser les joues, emporté au triple galop
celui du souffle d'un naseau qui l'hiver vous réchauffe
celui de chaque jour gagner un peu plus la confiance d'un être au départ craintif
celui de repousser toujours les limites et les exigeances
celui d'entrer dans une communication qui se passe de superficialité
celui de décoller un peu de la terre
celui de devenir encore meilleur que l'on ne peut l'être...
Le cavalier aime tous les chevaux du monde, mais celui qui est le plus important à ses yeux, c'est celui qu'il appelle par son petit nom et qui répond d'un hennissement, celui qui lui fait couler des larmes et passer des nuits blanches quand il est malade, celui qu'il va voir tous les jours, celui dont il ne peut se passer...
Enfin, un véritable cavalier aime son cheval pour ce qu'il est, non pour la gloire ou le profit qu'il peut en tirer. Et la plus belle preuve d'amour qu'il puisse offrir à son cheval est de croire en lui, quels que soient ses moyens...
Je dédie ce texte à ces chevaux qui me comblent ou m'ont comblé de bonheur, dont je conserverai à jamais les photos et les doux souvenirs:
Caramel - Yurika - Ralphy - Judicio- Quérido
Pix: J. Toffi



